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Les chansons de Ludovic - Pierre Guénard

(Re)découvrez l'originalité de la chanson française et francophone !

Ludovic Gourvennec

Ludovic Gourvennec est professeur de français langue maternelle, seconde et étrangère, formateur et conseiller pédagogique. Titulaire d’une thèse de doctorat consacrée à l’utilisation de la chanson en classe et publiée chez Hachette (Paroles et musiques, le français par la chanson), il adore cette chanson d’hier et d’aujourd’hui, en parler, en jouer, la faire vivre en classe, la faire découvrir dans le monde, cette chanson diverse qu’on écoute, qu’on reprend, qu’on découvre et qu’on partage en héritage.

Ludovic Gourvennec

Pierre Guénard est le chanteur du groupe Radio Elvis, formation qui s’est révélée en 2014-2015, notamment au festival renommé du Printemps de Bourges, et qui a ensuite obtenu une Victoire de la musique en 2017. Dans un sillage artistique mêlant rock et souci d’une écriture recherchée et poétique, le groupe a produit deux albums avant de se mettre en pause en 2022. Pierre Guénard a donc poursuivi une carrière solo, dont la production est intéressante car il parvient à créer un univers assez intimiste, aux paroles très sensibles. Deux albums sont nés de cette prise d’autonomie, toujours dans une ambiance assez pop, glissant sur le rock, pour ce guitariste gaucher comme Paul Mac Cartney l’était à la basse.

« J’ai pas dit oui » (2023) : je trouve que c’est sa chanson la plus réussie, au texte à la fois dit et chanté, à la mélodie imparable, aux paroles complexes, dont certains passages, dans les errances de l’énonciateur (« Je flotte, je flotte, je flotte ») me font penser au roman A la ligne (2019) de Joseph Ponthus, dans cette dialectique entre ancrage local plein de déterminisme social et envie de s’évader. Magnifique !

« La guitare de mon père » (2023) : dans cette belle version acoustique, au texte très sensible, on retrouve les intonations vocales et mélodiques de Dominique A, comme une sorte de filiation artistique.

« Je ne t’aime plus » (2023) : version en live pour cette chanson sur la séparation comme une forme de jubilation pour dire que l’énonciateur ne souffre plus (mais en est-il sûr : « Je ne t’aime plus, je crois »). 

« Pas les mots » (2023) : chanson sur l’impuissance à dire, la difficulté à formuler ce qu’on ressent quand le couple est en péril (« J’ai pas les mots, j’ai que mes bras. »). Beau clip jouant sur l’ombre et la lumière, sur la fixité et le mouvement.

« Le feu » (2025) : sur l’album « Voltige », plus rock, ce morceau énergique (hommage à Johnny ? le feu doit ici être « R »allumé) sur l’incompréhension dans le couple.